Le Carnet

Voyage à travers les étiquettes de Pape Clément : Partie 1 - 1923

La semaine dernière, en fouillant dans les archives du Château, je suis tombé sur une série d’étiquettes encore en parfait état. La plus vieille d’entres elles date de 1923. L’occasion pour moi de faire un petit voyage dans le temps et de constater que l’étiquette n’a pas beaucoup changé en 88 ans.

En 1922, à Bordeaux, Suzanne Lenglen remporte le double mixte du tournoi de la villa Primrose avec Jean Borotra.A Pessac, dans les vignes du Château Pape Clément, tout le monde espère une année plus clémente que la précédente.1921 en effet a été terrible, une longue période de sécheresse a affaibli durablement la vigne, notamment les ceps les plus vieux.

Après un hiver rigoureux où le thermomètre est par moment descendu jusqu’à -10°c et des averses neigeuses qui persistèrent jusqu’à la mi-mars; tout le Château Pape Clément croisait les doigts et attendait des lendemains plus favorables pour que la vigne puisse poursuivre son bon développement. Malheureusement, Avril 1922 a été bien mauvais. Malgré un adoucissement des températures, les terres trop humides ne permettent pas de donner de la vigueur aux bourgeons.

Et comme souvent à Bordeaux, nous passons d’un extrême à l’autre.
Les mois de Mai et Juin furent beaux et chauds, la vigne a pu se développer convenablement. Dans nos archives elle est décrite comme étant « superbe et saine, bien que le millerandage ait diminué le nombre de grains qui se trouvent maintenant fort espacés sur les grappes ».
Le millerandage, je le rappelle, est un défaut de maturation de la vigne aboutissant à un avortement partiel des raisins souvent lié à de mauvaises conditions climatiques.
Les mois de Juillet et Août furent très favorables, les quelques épisodes pluvieux firent du bien à la vigne, qui ne développa pas de maladies.
Cependant, les vendanges démarrèrent assez précocement le 12 Septembre (du fait de pluies abondantes qui s’abattirent sur le vignoble la première quinzaine de septembre et qui firent craindre la pourriture) pour se terminer le 19 Octobre.

Un millésime 1923 élégant et fort agréable en bouche qui a pu être dégusté à l’époque, en lisant Le Blé en herbe de Colette ou en assistant à la première édition des 24 heures du Mans.

Toutes ces étiquettes chargées d’histoires ont éveillé ma curiosité, je n’ai pas fini mon voyage dans le temps avec cette belle collection !

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