Le Carnet

Marel et Blanque, nos deux travailleurs gascons de la vigne.

Quand innovation et tradition se rencontrent au Château Pape Clément.

Le Château Pape Clément – Grand Cru Classé de Graves dont les premières vendanges ont eu lieu en 1252 sous le règne de Louis IX, a connu la traction bovine par le passé. En effet, autrefois les vignes étaient travaillées avec des bœufs tandis que les chevaux étaient davantage utilisés au moment des vendanges.

Aujourd’hui, le domaine déjà habitué à voir des chevaux de trait travailler dans ses vignes, se veut précurseur du retour de la traction bovine. La renaissance de la traction animale a débuté il y a maintenant quelques années avec l’arrivée de Jamaïque, une jument auxoise. Puis en 2012, j’ai voulu accélérer les choses et j’ai fait appel à la traction équine pour travailler un peu plus de 15 hectares du domaine : les chevaux ont remplacé les tracteurs qui ne parvenaient pas à atteindre certaines parcelles.

La satisfaction que nous a apporté la traction équine m’a décidé à remettre la traction bovine dans la vigne, dans un souci de travail et d’investissement qualitatif à long terme et ainsi contribuer à la pérennisation de certains aspects culturels du travail de la vigne. C’est pourquoi, le Château a accueilli le retour de Marel et Blanc, deux jeunes bœufs gascons de 5 ans pesant près de 400 kg. Ces deux frères jumeaux nés en Ariège à Labastide de Serou ont été choisis à l’âge de 2 ans, en fonction de critères draconiens, pour devenir des bœufs de trait spécialisés dans la vigne. Ils sont à la fois robustes mais agiles, calmes mais vaillants, vigoureux mais dociles.

J’ai fait le choix de me rapprocher de Fred Fardoux de l’entreprise Ecosylva, prestataire traction équine qui s’est naturellement tourné vers Olivier Courthiade de la ferme de Méras en Ariège, spécialisée en dressage bovin.

Et qui dit bœuf de travail, dit bouvier. En l’occurrence, bouvière ! Tifenn Vital nous a été recommandée par Olivier Courthade. Elle est ainsi devenue notre bouvière-référente sur le domaine Château Pape Clément.

J’ai voulu que Marel et Blanque, achetés par le domaine, bénéficient des meilleures conditions pour travailler. Ainsi, une écurie sur le domaine a été aménagée pour accueillir nos pensionnaires.

Après quelques semaines de découverte et d’acclimatation, nos bœufs gascons tracent désormais leurs sillons dans les vignes. Tifenn Vital, guide de tourisme équestre et monitrice d’équitation, peut faire un comparatif avec la traction équine : « On constate que le bœuf, avec une allure plus lente que celle du cheval, est moins adapté pour certains travaux dans le rang. Mais quand il s’agit de décavaillonner (labourer de façon à refendre le billon (ou cavaillon) formé par un labour précédent entre les pieds de vigne) et de butter (opération qui consiste à accumuler de la terre au pied des vignes pour les protéger des gelées, favoriser l'échauffement et l'écoulement de l'eau) de faire un travail de précision sous le rang, travailler avec un bœuf est un vrai bonheur ».

Nos bœufs et les techniques mises en place (notamment avec le développement de machines permettant de tondre et rogner les vignes) permettent de se réapproprier des savoir-faire non-industriels dans le plus pur respect de la Terre et de l’environnement. Marel et Blanque ont ainsi représenté le Château Pape Clément au 5ème salon de la traction animale qui s’est déroulé en octobre dernier à Montmorillon dans la Vienne.

L’objectif est ici d’arrêter les tracteurs, ainsi on ne tasse pas les sols, le travail est plus précis, moins polluant, moins bruyant. Le rapport homme-nature s’en trouve ainsi préservé et ne peut que contribuer à l’excellence du vin.

 

Cette entrée a été publiée dans #L'Art du vin
Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Commentaires

Article très intéressant, merci !

Ajouter un commentaire