Le Carnet

La génodique ou l’art de soigner la vigne par la musique.

La musique adoucit les mœurs… et les plantes ! La vigne n’y échappe pas. Certaines maladies de la vigne peuvent désormais être réduites de 80% grâce à la musique. C’est le cas sur une parcelle de Cabernet Sauvignon au Château Pape  Clément, Grand Cru Classé de Graves. Une innovation qui garde en ligne de mire la production de vins d’exceptions.

L'association de la musique et de l'agriculture est une tradition de longue date. La pratique des chants agraires, millénaires, sur les cinq continents, en témoigne. Qu'ils viennent de Chine, d’Amérique du sud ou bien de Corse, ces chants traditionnels nous rappellent la capacité des hommes à dialoguer avec la nature.

Chacun sait que la musique agit sur l’humeur des humains et de certains animaux. Je peux d’ailleurs témoigner que la musique jouée par Nicolas Dautricourt, soliste à la renommée internationale, à qui j’ai prêté mon Stradivarius baptisé « Château Fombrauge », peut m’apaiser. C’est également pour cela que je mets toujours un fond sonore dans mon bureau de Mozart ou de Bach.

Depuis les années 60, de nombreux chercheurs ont observé des effets de certaines musiques sur la croissance de plantes. Plus récemment, des chercheurs de plusieurs pays ont remarqué que des plantes réagissaient à certaines musiques. Des vignerons et des maraîchers ont aussi commencé à diffuser des musiques classiques pour améliorer leurs productions.

Joël Sternheimer, Docteur en physique théorique et musicien, a proposé une explication de ces effets, permettant de les produire avec une précision moléculaire, depuis les plantes sensibles à leur environnement sonore jusqu'aux humains qui, par une écoute attentive, peuvent en reconnaître l'adéquation pour eux-mêmes.

Les maladies du bois sont coûteuses pour les vignerons et très dommageables pour la pérennité du patrimoine viticole. Les parasites responsables de ces maladies provoquent à plus ou moins long terme la mort du cep et peuvent nécessiter un renouvellement des plants pouvant atteindre, certaines années, jusqu’à 10 % d’une parcelle. Depuis environ une dizaine d’années on constate une progression inquiétante de ces maladies. Le vignoble français regroupe trois principales maladies du bois : l’eutypiose, l’ESCA et le BDA.

C’est pourquoi,  avec nos équipes à la vigne nous avons voulu trouver des moyens alternatifs et innovants pour lutter contre ces maladies qui peuvent toucher mes Grands Crus Classés à Bordeaux. Ainsi j’ai décidé de faire appel à la société Genodics qui a développé une technique novatrice : la « génodique » ou le traitement des maladies de la vigne par la musique.

Depuis 2008, Genodics propose une approche novatrice et non invasive dans les domaines de la viticulture mais aussi du maraîchage et de l'élevage. Elle développe des applications du "procédé génodique", découvert et breveté par le physicien Joël Sternheimer et qui permet de prévenir et de traiter des maladies, et d'aider à la croissance et au développement, notamment dans des conditions de stress, dans le respect des organismes et de leur environnement.

La génodique permet des approches globales d’organismes vivants, par l’intermédiaire des « ondes d’échelle » qui relient les différents niveaux de structuration du vivant. Des mélodies de protéines, dénommées « protéodies », peuvent ainsi être diffusées dans les vignes pour réguler le taux de synthèse de protéines spécifiques, au niveau cellulaire.

Pour une vigne affectée par l’ESCA ou le BDA, il est possible :

- de ralentir la croissance des champignons, par la réduction du taux de synthèse d’une de leurs protéines, - de renforcer le processus de défense naturelle de la vigne, à savoir la production de polyphénols et notamment du resvératrol, par l’augmentation du taux de synthèse d’une protéine clé de cette chaîne métabolique.

Au Château Pape Clément, Grand Cru Classé de Graves,  nous traitons une parcelle de vigne datant de 1940, car les vignes les plus anciennes sont les plus fragiles et sont déjà bien exposées à l’ESCA.

Ce procédé nous a permis d’obtenir des résultats significatifs. En 2014, sur les parcelles de Carbernet Sauvignon du Château Pape Clément, traitées avec Génodics, la baisse moyenne de la mortalité par l'ESCA a été de 80 %, par rapport à leur moyenne de mortalité des 3 années précédant l'installation.

En 2012, le nombre de pieds de vignes morts ou en fin de vie s’élevait à 992 sur cette parcelle de 20.000m². En 2013, nous avions réussi à faire baisser ce chiffre à 536 en partie par la replantation des pieds disparus.  Depuis la mise en place du dispositif début 2014, nous avons ramené ce chiffre à 108 pieds sur 19040 pieds en totalité. Cette baisse de 80% au Château Pape Clément est une vraie réussite du dispositif.

Ainsi grâce à ce procédé nous pouvons prétendre à la pérennité de notre vignoble. La poursuite de l’excellence qui passe par toutes les techniques appliquées sur nos terroirs reste pour nous une priorité.

En savoir plus sur le procédé Genodics.

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