Le Carnet

Château Fombrauge 2010

Après un mois de Juillet chaud et des mois Août et Septembre ensoleillés mais aux nuits fraiches, nous avons récolté des raisins riches en fruits avec de jolies acidités. Ce bon équilibre nous offre un grand millésime pour le château Fombrauge blanc et rouge. Le Bordeaux blanc est riche en arômes d’agrumes et de fruits exotiques, avec une acidité qui lui apporte de la fraicheur. Contrebalancée par la fermentation alcoolique et l’élevage sur lies qui amènent de la sucrosité et des arômes vanillés. C’est un vin puissant et élégant qui peut vieillir pendant plus de 7 ans si l’heureux propriétaire  de cette bouteille le veut bien.

Le Fombrauge rouge, Saint Emilion Grand Cru, se révèle avoir une belle structure en bouche, et est charnu et élégant. La récolte à maturité des raisins apporte des arômes de fruits noirs relevés par une pointe d’acidité qui confère au vin une belle finale en bouche. C‘est un vin qui sera à son apogée dans 8 ans, mais ceux qui aiment les vins jeunes comme moi pourront l’apprécier surement dans 2 à 3 ans.

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L'avis de François Mauss

Il est des réveils enthousiasmants. Dans tous les domaines. A Saint-Emilion, une propriété est en train de rejoindre la solide poignée des meilleurs noms pour nous offrir, à nous amateurs exigeants, un cru qui en étonnera plus d'un.
Château Fombrauge de Bernard Magrez, une des plus grandes propriétés du libournais, a connu ces dernières années une évolution sensible vers la finesse, la complexité, l'élégance supérieure.
Il eût été facile de continuer à produire le beau vin bien typé en richesse et sensualité, mais il y manquait ce supplément d'âme qui fait toute la différence entre un bon cru et un grand cru.

Certes, il faut la conjonction de trois fondamentaux :
- la volonté du propriétaire à mettre en œuvre tous les moyens pour extraire de son terroir le mieux du meilleur
- des choix de culture parcellaire et un suivi raisonné de la vigne, avec des vendanges où les trois maturités (pépin, fruit, peau) sont optimum
- une vinification et un élevage dont le souci majeur sera le respect de ce qu'aura apporter le terroir, sans vouloir trop extraire ou tendre vers un style international finalement assez banal.

Le 2010 de Château Fombrauge est l'aboutissement clair d'une telle conjonction. Jamais ce cru n'a développé une telle finesse soyeuse, avec le développement complexe en bouche d'une palette aromatique caractérisée par une fraîcheur assez inédite. Et comme la finale est de belle longueur, sans rémanence de l'alcool subtilement fondu, on a l'exemple parfait du premier verre qui appelle le second.
Ce millésime qui sera considéré clairement par les plus grands critiques comme une véritable définition du classicisme bordelais, aura l'avantage d'offrir tout au long de sa vie (plusieurs décennies) des variétés infinies de plaisirs, de satisfactions, d'évolution, tant il est vrai qu'un grand vin de terroir est un être vivant qui, au fur et à mesure des ans, redonne à l'amateur tout ce que la nature du lieu a mis en sommeil dans chaque pied de vigne. Et à Fombrauge, on n'est pas sur du sable.
Ici, on n'a pas oublié qu'un beau vin est avant tout le compagnon d'un bon repas entre convives dissertant de tout et de rien. Trop longtemps, trop de vignerons ont privilégié les côtés "vin de concours" où les excès étaient flagrants, quand bien même parfois ils pouvaient entraîner l'adhésion d'amateurs pressés.
Comme la propriété est une des plus vastes, gageons que ce cru saura garder un prix sage.

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