Le Carnet

Bleu de Mer, l’élégance des vins du Sud de la France.

L’histoire de la vigne et du bassin méditerranéen se confondent, plus d’un million d’années auparavant, la vigne poussait déjà sous forme de lambrusques (vigne sauvage faisant partie de la sous-espèce de liane forestière de la famille des Vitaceae) n’ayant qu’une ressemblance lointaine et abstraite avec nos cépages modernes.

Malgré les longs débats en France et à l’international, le vin rosé ne possède pas de définition à part entière. Mais les usages se sont parfaitement adaptés à ce vide. La polémique d’aujourd’hui autour des mélanges de vin rouge et de vin blanc pour l’élaboration du rosé est l’occasion de rappeler la spécificité technique de ce produit. Le vin rosé est un vin issu de la fermentation alcoolique d’un moût (mixture obtenue après pression ou cuisson de raisins destinés à la fermentation) obtenu d’une macération pelliculaire préfermentaire maîtrisée de raisins noirs à jus blanc, s’agissant probablement du plus vieux vin de l’histoire.

Le vin rosé peut être un vin complexe tout comme un rouge ou un blanc. Mais « le rosé », comme on dit, est surtout synonyme d’été, de farniente, de plaisir et de convivialité. Du vent méditerranéen soufflant dans les plaines, au soleil du Sud rayonnant sur les vignes, voilà la recette qui m’a permis de créer et mettre en bouteille ce vin au goût de l’été, présentant une robe brillante, aux arômes intenses. Sa bouche fruitée et son agréable vivacité vous permettront de passer des moments chaleureux autour d’une assiette de charcuterie, de grillades, ou de fruits de mer. Ces moments où la seule chose qui compte est le plaisir, celui qui nous permet de nous évader, d’oublier, de fermer les yeux et de rêver au bord de mer…

L’appellation « Le pays d’Oc », appelée jusqu’en 2009 « Vin de pays d’Oc », est un vin d’Indication Géographique Protégée Régionale produit sur l’ensemble du vignoble du Languedoc-Roussillon. Le terme « langue d’Oc » apparaît en 1304 chez Dante, Poète, écrivain et homme politique florentin du Moyen Âge « Père de la langue italienne » il est avec Pétrarque et Boccace, l’une des « trois couronnes » imposant le toscan comme langue littéraire.

Textes et fouilles archéologiques ont confirmés qu’à l’ouest du Rhône, avant que n’apparaisse la Narbonnaise (Province de l’Empire Romain fondée dès 118 avant J.C) une viticulture s’y était développée. Rapidement, la colonisation romaine imposa la « méthode étrusque », ce qui conduit les vignes à être taillées de façon arbustive, en treille, en pergola et en ayant des arbres en point d’ancrage.

Au Moyen Âge, lors des grandes invasions, les vignobles, furent quasiment délaissés et le vin produit à partir des treilles du jardin ou de l'enclos[]. A partir de l'an 900, le Cartulaire du chapitre cathédral de Nîmes, fait nettement la différence entre les vignes basses et les vignes hautes. C’est au début du XVIème siècle que la culture de la vigne languedocienne étant devenue plus rentable que les céréales, permettant aux vignobles de redescendre en plaine. Durant la période contemporaine, et plus précisément en 1853, c’est l’arrivée du chemin de fer en Languedoc, qui permit à sa viticulture d’élargir ses débouchés. 

Le vignoble qui produit « Bleu de Mer », en appellation Pays d’Oc, se situe dans le Languedoc et comprend 4000 pieds par hectare sur un sol argilo-calcaire. La conduite des vignes se fait par palissage et taille guyot. La vinification se fait par vendange mécanique, avec un pressurage pneumatique direct et un débourbage statique pour une fermentation en cuves inox à 17°C.

Notre belle région girondine n’est pas en reste quant aux paysages sauvages de bord de mer. En tant qu’amoureux du bassin d’Arcachon, comment ne pas être inspiré par ces couleurs mêlant le vert des pins, le blanc du sable fin et le bleu de l’océan qui vient s’échouer sur la dune du Pilat, plus haute dune d’Europe.

Il existe une embarcation typique du bassin d’Arcachon et du littoral gascon: la pinasse. Longue, étroite, à l'avant très relevée, elle est traditionnellement en bois de pin des Landes et à fond plat. Le mot pinasse ne vient pas forcément du fait qu'elles étaient construites en pin, même si cela semblerait assez logique. La racine serait plutôt "péniche" ou "pinace" du côté péninsule ibérique ou britannique. On peut lire dans sa structure plusieurs influences. Nordique pour le clin, Méditerranéenne pour les tollets, traversant le plat-bord, Basque pour le gréement, et Américaine pour le puits de dérive central.

C’est en faisant connaissance des artisans de ces chantiers navals qui construisent ces pièces uniques et sur-mesure, maîtrisant le travail du bois comme des orfèvres, un peu à la manière des tonneliers ou des luthiers de prestige tels Antonio Stradivari, que j’ai décidé de faire construire ma pinasse. Mais pas une pinasse ordinaire, une pinasse à voile. Aujourd’hui, la région compte seulement 21 pinasses à voiles.

Et quoi de plus logique que de la baptiser selon ce vin qui me tient à cœur : « Bleu de Mer ». Elle participera pour sa première mise à l’eau à la fameuse régate organisée par l’amicale des pinasseyres du Bassin en juillet 2014. J’aimerais qu’elle contribue à donner aux paysages propres du Bassin cette sorte de dépaysement que l'on ressent quand on les découvre pour la première fois, un symbole de liberté et un hommage au travail de l’homme.

 

 

 

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