Le Carnet

2013, un printemps inexistant, un été enfin là

Le métier de vigneron est l’un des plus incertains car il est soumis aux aléas de la météo. Selon les années, celle-ci peut être assez difficile à gérer, voire impossible comme par exemple lorsque la grêle vient tout simplement détruire une récolte.

Si, Dieu merci, la grêle n’est pas venue frapper mes vignobles, le temps n’a pas été particulièrement propice à la vigne en ce début d’année dans le Bordelais. En effet, ce millésime 2013 est marqué par un début de campagne viticole retardé par la météo : l’hiver s’est prolongé, et sur les mois d’avril, mai et juin, le printemps a été quasi inexistant avec de fortes pluies et un ensoleillement très inférieur à la moyenne. Les températures sont restées très fraiches, entrainant même quelques gelées sur mon vignoble de Barsac courant avril. Les nappes phréatiques étaient déjà pleines à l’issue d’un hiver humide, et les précipitations ont pourtant perduré. Du coup, toutes ces conditions ont retardé le cycle végétatif de la vigne, ce qui a tout de même eu pour avantage de nous permettre de réaliser certains travaux plus facilement (notamment l’épamprage qui est l’opération qui consiste à enlever les branches des vignes qui ne donneront pas de fruit pour favoriser les branches restantes).

Mais la météo capricieuse n’est pas uniquement un problème pour le cycle de la vigne, c’est aussi un facteur de maladie, notamment le mildiou, qui aime particulièrement l’humidité ! Heureusement, les faibles températures ont limité le développement de ce champignon.

Début juillet, l’été est enfin arrivé. Un anticyclone s’est installé apportant un grand ciel bleu et des températures très élevées. Le changement a été brutal et les vignes ont fortement réagi. La pousse a été vive, et les raisins ont bien évolué. Les saisonniers ont d’ailleurs du accélérer le pas afin de suivre ce rythme, particulièrement pour les relevages (c’est l’opération qui consiste à attacher les branches avec du fil de fer au milieu du palissage pour éviter que la vigne ne pousse dans tous les sens).

J’espère que cet été, qui a mis du temps à arriver, restera jusque pendant l’arrière-saison pour que les raisins atteignent de belles maturités.

La vigne se porte bien mieux aujourd’hui mais n’a pas rattrapé son retard de croissance, ce qui laisse présager des vendanges relativement tardives. Attendons-nous à un millésime atypique !

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