Le Carnet

Le paon, de la fascination à l'inspiration

Il y a quelques mois de cela, suite à la malheureuse capture du paon mâle que nous avions au Château Pape Clément (probablement par un collectionneur d’oiseaux sans scrupules), j’ai décidé d’accueillir un nouveau paon sur le domaine. En effet, cet animal que l’on nomme «l’oiseau aux cent yeux» en référence aux ocelles de son plumage unique, m’émerveille et m’inspire. Pas seulement par son apparence mais aussi par la symbolique que cet oiseau représente depuis des millénaires aux yeux des hommes.

Le paon de la propriété Pape Clément est un paon bleu (pavo cristatus), espèce appartenant à la famille des phasianidés. Sa femelle est appelée paonne (prononcer «panne») et son petit paonneau (prononcer «panneau»). Notre paon aime à se faufiler dans la végétation du domaine, sa longue traîne, imposant ornement dont la nature l’a doté, ne l’handicapant en rien contrairement à ce que l’on pourrait croire. Et soudain, lorsqu’il se sent d’humeur badine, il nous offre ce spectacle fascinant, attendu par tous : le paon fait alors «la roue». De cette façon, il parade pour séduire sa compagne mais peut également écarter les rivaux! Le langage français en a même tiré l’expression «faire le paon» pour désigner quelqu’un qui se met en avant de manière ostentatoire.

Le paon se comporte fièrement comme s’il avait conscience de sa beauté. Car oui, le paon est beau. Est-il orgueilleux ? En tout cas, depuis le Moyen Age, il personnifie ce péché capital. Mais pour les premiers chrétiens, le paon était considéré de façon bienveillante car sa chair passait pour être imputrescible. La chute et la repousse de ses plumes au printemps étaient interprétées comme symbole de renouveau et de résurrection. Pour ces raisons, il est devenu symbole d’immortalité. Et je m’interroge. Cette quête absolue de l’homme depuis des millénaires ne peut-elle pas s’incarner dans un Grand Cru : un nom, un millésime qui resteront à jamais exceptionnels.

Le plumage du paon est la raison de sa popularité dans la culture et les arts. Beaucoup d’artistes peintres ou de photographes ont cherché à capturer ses nuances. Fascinés par ces ocelles, qui selon la mythologie grecque auraient été placés là par la déesse Hera, en hommage à la fidélité du géant Argos, son fidèle gardien qui possédait cent yeux pour mieux la protéger.

Paons, mâle et femelle 1681, Melchior D'Hondecoeter © Service presse Réunion des musées nationaux – Grand Palais / Agence Bulloz - 2012

Aujourd’hui encore, le paon continue de fasciner, d’émerveiller et d’inspirer l’excellence chez les plus grands créateurs. Je suis moi-même touché par l’inspiration que peut susciter un oiseau au plumage si complexe dans un processus créatif. Cette complexité et cette merveille de la nature, dont je suis en perpétuelle recherche et que l’on retrouve dans les terroirs exceptionnels de mes vignobles, j’essaie de vous les transmettre, à travers mes «créations», mes vins.

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