Le Carnet

Mon voyage à Moscou

Par Matthieu Arama (violoniste de grand talent utilisant notre stradivarius Château Fombrauge)

arama-moscouLe 20 Octobre dernier se déroulait un concert unique au monde intitulé « dialogue-Stradivarius » au Conservatoire d’Etat Tchaïkovski de Moscou.
Ce projet souhaité dans le cadre du dialogue Franco-Russe tenait particulièrement à cœur à monsieur Magrez qui m’en parle depuis que son Château Fombrauge St. Emilion Grand Cru a acquis un stradivarius de 1713.

Ce gala-concert avait lieu le jeudi 20 octobre.Afin de pouvoir préparer le concert dans les meilleures conditions, je devais arriver le mardi en fin d’après-midi à Moscou et tout de suite me diriger vers le conservatoire pour répéter avec la pianiste.Malheureusement je ne m’imaginais pas passer trois heures avec les douaniers Russes, à attendre que tous mes papiers soient vérifiés, revérifiés, re-reviérifiés. Résultat : répétition annulée.

Le mercredi la journée a été entièrement consacrée aux répétitions. Une journée un peu particulière.
L’organisation n’étant pas faite autour de moi, j’ai du chercher à faire ma place et imposer quelques règles concernant les répétitions, la mise à disposition des lieux de travail etc...Mais, l’esprit de compétition, que je partage avec M. Magrez, le « seul contre tous » est un état que je connais et dans lequel j’évolue bien.

Le concert, un grand moment :

Lorsque je suis entré dans la grande salle du conservatoire, j’ai senti la présence d’Igor et David Oïstrakh, de Leonid Kogan, d’Horowitz et tant d’autres, de ces maîtres qui ont marqué par leur talent l’histoire de ce lieu aujourd’hui mythique. Je me devais d’être à la hauteur.

Comme un rituel, avant de monter sur scène, je me suis parlé, motivé pour trouver le positionnement d’esprit juste dans ce type de moment décisif. De pouvoir interpréter un programme de très grande virtuosité comprenant des « danses Espagnoles » de Sarasate et surtout « Les variations sur un thème original » de Henryk Wieiniawsky, mon cheval de bataille tout comme celui des grands de l’école soviétique, fut pour moi un plaisir, une joie mais surtout un hommage rendu à celui à qui je dois tant… Igor Oïstrakh (mon professeur pendant 7 ans).
Après des débuts difficiles liés à l’organisation lors de mon arrivée à Moscou, j’ai su faire ma place.
Je crois pouvoir dire, mais d’autres en témoignerons mieux que moi, que ma performance à vraiment touché le public Russe. Cette expérience formidable est allée bien au-delà de la simple joie de jouer dans une belle salle.
Pour moi, fervent admirateur de la grande école russe, il a eu une saveur incroyable et toute particulière. Ce dialogue Franco-Russe autour de Stradivarius restera un moment à jamais gravé dans mon esprit.
Merci M. Magrez.

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