Le Carnet

Li Chevalier, une artiste qui fait son entrée dans la collection de l'Institut Culturel Bernard Magrez

Li Chevalier fait partie de cette génération d’artistes chinois qui ont trouvé leur "terre promise" en France dans les années 80.  Après des études à  Sciences Politiques Paris  et au Collège Philosophique de la Sorbonne, Li Chevalier retrouve sa vocation artistique dans les capitales européennes. Diplômée de Central Saint Martins College of Arts and Design, elle franchit la  barrière de la sélection de l'Académie Royale des Arts de Londres pour l'exposition de l'été 2007.
Depuis 2008, 5 grandes expositions monographiques de Li Chevalier ont été successivement présentées par le Musée National des Beaux  Arts de  Chine,  le Today Art Museum  de Pékin, le  Musée des Beaux Arts de Shanghai, l'Opéra National de Chine et enfin au printemps 2014 a la Base Sous-Marine de Bordeaux. Deux tableaux majeurs de l'artiste figurent depuis 2011 dans la  collection   de l'Ambassade de France en Chine, côtoyant les  oeuvres de Zao Wouki, Chu Tequn dans le salon de réception de l'Ambassade de France.

Une des  figures prééminentes d'un nouveau courant artistique né en Chine « l'Encre Expérimentale », Li Chevalier entend par ses travaux enrichir la scène artistique de son pays d'origine,  limitée, d'un côté par une production dérivée des traditions plastiques d'occident et de l'autre par la survivance d'un art  traditionnel qui se perpétue et mais s’endort. Dans un paysage de globalisation, vécu en Chine comme occidentalisation radicale,  l'artiste répond au malaise né d'une crise d'identité non pas  par la défense stérile d'une culture locale étriquée mais par la proposition d'une fécondité née  du dialogue. Nourrie de son patrimoine artistique oriental, où la peinture de paysage a une place de choix, l'artiste cherche à  réactiver, dynamiser l'essence de cette esthétique  ancienne  en la re-situant au gré des nouvelles possibilités d'expression qu'offre l'art contemporain. Par ce langage artistique fait de "croisements"  elle réalise une œuvre empreinte de la fécondité offerte par des passerelles  transdisciplinaires et  multiculturelles, mettant en exergue dialogue et enrichissement plutôt que domination et appauvrissement.

L'art de l'encre, de la calligraphie y  sont célébrés  dans son esprit  d'improvisation, dans son  refus de la catégorisation, dans sa fluidité,  au mépris de la conquête de l'objectivité.  Elogieux d'un monde brumeux, il trouble  par son contour  indéfini mais fascine par les potentialités ainsi ouvertes. Dans l'univers  oriental caractérisé comme une "grande image sans forme" fluctuant entre figuration et abstraction, l'encre de Chine s'actualise sous le pinceau de l'artiste qui abandonne le format classique et intime du rouleau du lettré au profit de la toile, de la texture et du  monumental jusque dans l’installation.

Ardent défenseur de la beauté, l’artiste  traduit dans sa propre création sa conviction que le sentiment d'exaltation qui naît de la confrontation à l'œuvre d'art ne se fait qu'à travers le prisme de l'émotion esthétique. Elle  rejoint  ainsi d’autres artistes non moins courageux dans la perspective d'un art "post-destructionniste", ou l'invention se fait  sans renoncement,  ni au  sens et ni à la beauté, un art « alter-moderne » fruit d’une intense et fructueuse interaction entre les cultures.

Les tableaux à l'encre expérimentale qui sont exposés à l’Institut Culturel Bernard Magrez sont comme « un parti pris, ou peut-être une supplique, qui confèrent aujourd'hui à son œuvre un caractère primordial : nul ne peut survivre sans beauté ».

Selon Denis Lavalle - Conservateur général du Patrimoine en France, attaché au service des monuments historiques et Professeur à IESA -, « Les œuvres de Li Chevalier représentent beaucoup plus qu’une modernité de la peinture en ces premières années du XXIème siècle. L’artiste interroge sans répit le grand monde des formes nées de l’ombre et de la lumière. Ses compositions, dépassant le simple jeu de la plastique du signe, entendent parvenir au plus profond d’une intensité poétique par la pose d’admirables nuées de blanc confrontées à la solidité de volumes issus de particules de sables et de grandes encres sombres. En un sens, Li Chevalier appartient à cette sensibilité française toujours liée à l’imaginaire puissant et à la certitude de formes ineffaçables. Elle est fille de Victor Hugo et d’André Masson. Mais elle touche à ce rendu global de l’univers que toute la peinture chinoise a cherché à dire au travers du détail d’une feuille ou du palpable d’un ciel de pluie… ».

Oeuvres appartenant à la Collection Institut Culturel Bernard Magrez:

Requiem de Mozart (1)
Photographie et peinture sur toile
100 x 100 cm
2013

Requiem de Mozart (2)
Photographie et peinture sur toile
100 x 100 cm
2014

Pourquoi
Encre de Chine expérimentale et peinture sur toile
175 x 175 cm
2011

Volonté de puissance
Encre de Chine expérimentale et peinture sur toile
150 x 150 cm
2014

Recherche voie désespérément
Encre de Chine et peinture
100 x 100 cm
2013

Inaccessible
Encre de Chine expérimentale et peinture sur toile
150 x 300 cm
2011

Cantabile per archi, 2014, vidéo, 12’ (extrait)

Une installation de Li Chevalier à la base sous-marine de Bordeaux en 2014.
Une composition musicale de Pēteris Vasks.
Un film de Catherine Guillaud et Caroline de Otero.
Une commande de l’Institut Culturel Bernard Magrez.

Collection Institut Culturel Bernard Magrez

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