Le Carnet

Les palmiers de Mendoza

palmier-mendozaLa province de Mendoza en Argentine, située au centre ouest du pays est typiquement une province andine. Elle possède un climat continental semi-aride, de faibles précipitations et des sols rocailleux.
Jusqu’à la fin du XVIème siècle, ces terres n’étaient pas cultivées. Seuls des palmiers venaient « égayer » ce paysage de pampa aux sols arides, rocailleux et secs.
La culture de ces terres se développe à partir de 1598, avec l’introduction de la vigne. Une culture qui prendra de l’ampleur au fil des siècles notamment avec l’arrivée du chemin de fer dans la région en 1885, pour être aujourd’hui considéré comme l’une des principales régions mondiales en matière de production de vins.

Lors de mon acquisition de 10 hectares de vignes sur la commune de Perdiel, à proximité des premiers contreforts andins, il subsistait encore quelques palmiers aux abords immédiats des rangs de vignes.
L’un d’eux a tout de suite attiré mon attention, un Trithrinax campestris qui devait faire plus de 4m de haut.
Il était majestueux, ses feuilles vertes claires aux reflets légèrement bleutés et aux dimensions exceptionnelles (un mètre de long) tranchaient magnifiquement avec le vert plus intense des feuilles de malbec (cépage argentin).

Ce palmier d’un poids d’environ 3 tonnes, originaire de la sierra de Cordoba en Argentine, traversa l’atlantique.
Son âge est d'environ 5 siècles (les producteurs se basant sur la croissance dans la nature).
Palmier à la croissance très lente, il est peu exigent sur la nature du terrain, et à une très bonne résistance à la sécheresse et aux températures extrêmes. Il rejoint aujourd’hui au Château Pape Clément d’autres arbres d’exceptions que sont les 5 oliviers millénaires âgés de 1052 à 1865 ans ou encore le cèdre du Liban planté au moment de la Révolution Française.

Ce palmier résume à lui seul tous les symboles qui lui sont attribués, notamment l’immortalité. Depuis l'Antiquité le palmier est attribué au mythe du soleil pour évoquer la gloire et l'immortalité, en raison de la disposition harmonieuse de ses branches et de ses feuilles semblables à des rayons.
C’est toute l’histoire de l’Argentine et plus encore toute l’histoire du continent sud-américain que l’on retrouve à travers lui. En effet, sa « naissance » coïncide avec les grandes découvertes « maritimes » du XVIème siècle.
Amerigo Vespucci tout d’abord, qui fut le premier à émettre l'hypothèse que la côte de l'Amérique du Sud constituait un nouveau continent alors que tous les navigateurs de l'époque, y compris Christophe Colomb, pensaient débarquer en Asie. Peu de temps après le nouveau monde découvert en 1492 par Christophe Colomb, c’est en 1516 que l’Argentine est découverte grâce à l’expédition de Juan de Solis qui est arrivé sur le Mar Dulce (qui prendra le nom par la suite de Rio de la Plata), fleuve qui arrose la ville de Buenos Aires.
Cet arbre magnifique est donc contemporain de ce grand moment.
C’est un témoin vivant de la naissance d’un pays qui prendra le nom d’Argentine.
Que d’émotions !

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