Le Carnet

Le temps d'une rencontre avec... Claude Lévêque

Dans le cadre de l’exposition inaugurale L’Etoffe du Temps, présentée par l’Institut Culturel Bernard Magrez jusqu’au 15 janvier 2012, des rencontres hebdomadaires sont organisées avec des personnalités du monde de l’art.
Le vendredi 16 Décembre, c’était au tour de Claude Lévêque de donner du temps au public du Château Labottière, venu nombreux pour partager un moment de débat et d’échange avec cet éminent artiste français.
Accompagné d’Anne-Marie Charbonneaux, présidente du Centre National des Arts Plastiques, et avec la participation de Bruce Bégout, écrivain et philosophe, maître de conférence à l’Université Bordeaux III, Claude Lévêque a présenté une sélection de ses œuvres les plus emblématiques.

La carrière artistique de Claude Lévêque s’étend sur plus de trente ans, avec une œuvre considérable et de renommée internationale. Anne-Marie Charbonneaux la définit comme « proliférante, exigeante et mélancolique ». Au cœur du travail de l’artiste : l’expérimentation d’un dispositif. À travers ses matériaux de prédilection que sont la lumière et le son, Claude Lévêque propose des objets et des installations qui réduisent la distance entre le spectateur et l’œuvre d’art, afin de le faire « lâcher prise ». Ainsi, ses œuvres « se saisissent du visiteur pour le dessaisir de ses moyens ».
Touchant au domaine de l’émotion, il s’agit avant tout de faire réagir. L’artiste amène à la confrontation, à l’échange et propose « un espace différent de redécouverte des choses ».

C’est ainsi qu’il évoque des œuvres engagées et émouvantes telles que les enclos de moutons de la performance Strangers in the Night, donnée à l’occasion du vernissage d’Au delà du spectacle au Centre Pompidou en 2000, mais également Vie en chemin, créé en 2007 à Bordeaux pour le Réseau Paul Bert, un lieu d’accueil pour des personnes en grande précarité. Claude Lévêque tente de relier l’art aux actes de la vie quotidienne.
L’artiste profite de ce temps de rencontre pour montrer quelques vidéos, en silence. L’œuvre J’ai rêvé d’un autre monde (2001) exploite le son pour simuler un tremblement de terre ; Rendez-vous d’automne (2008), créée à l’occasion du Printemps de septembre de Toulouse, émeut tout particulièrement le public, par l’aspect captivant de la chorale de retraités qui compose la bande sonore, mais également par le rapport avec l’histoire personnelle de l’artiste.
Au fur et à mesure de l’heure passée en compagnie de Claude Lévêque, se dresse le portrait d’un artiste engagé et authentique. Son œuvre Tous les soleils (2007), une commande publique avec une mise en lumière du Haut Fourneau U4, à Uckange (Lorraine), a été éteinte à sa demande, en solidarité avec les négociations syndicales en cours pour éviter la fermeture des deux entreprises restant dans la région. Sa création Le Grand Soir, présentée au Pavillon français lors de la Biennale de Venise en 2009, évoque entre autres les notions de surveillance, d’isolement, de cohabitation, de deuil.
L’artiste clôt la rencontre en conviant le public à découvrir son projet Dame Blanche, au sein d’un moulin à vent à Monflanquin, à l’été 2012.

Pour Claude Lévêque, l’art change le monde, il y a peu de choses aussi stimulantes. C’est toute la liberté de ce médium qu’il revendique et dont il vante les mérites au quotidien à travers une œuvre d’une grande diversité et d’une extraordinaire richesse.

L’œuvre Larmes de Claude Lévêque est présentée dans le cadre de l’exposition L’Etoffe du Temps à l’Institut Culturel Bernard Magrez jusqu’au 15 janvier 2012.

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