Le Carnet

Exceptionnel : un Stradivarius à Tahiti !

En fin de semaine, l’un des plus brillants violonistes français, Nicolas Dautricourt (photo) se produira au Méridien et au conservatoire, avec le pianiste Dominique Plancade. Nicolas Dautricourt jouera un magnifique instrument d’Antonio Giacomo Stradivari, dit Stradivarius, datant de 1713. Deux programmes différents sont prévus avec des œuvres de Brahms, Debussy, Kreisler, Piazzolla, Ravel, Saint-Saëns, Sibelius et Suk.

Concert vendredi 17 avril, à 20 heures, au conservatoire artistique de la Polynésie française. En vente sur place ou sur réservation au 8778.93.07 ou au 87.78.60.51.

 

Interview Nicolas Dautricourt, violoniste « Jouer avec un tel instrument est un honneur, un privilège et une fierté »

Pourquoi cet instrument a-t-il une telle renommée ?

Il y en a quèlques centaines, entre 4 et 500 (sur les 1 DOO créés par Stradivari). Stradivari a vécu presque un siècle. On l’appelle « Strad » et, dans sa production, il y a plusieurs périodes. Ce violon est issu de la période bleue, sa « golden period » au début du XVIIIe siècle où, durant 20 ans, il a embrassé le sommet et a fait les instruments les plus beaux et prestigieux. Celui-ci date de 1713. La sonorité est très belle, très riche et puissante bien sûr. Elle résonne au plus profond de l’intime, quand on l’entend, quand on le joue. Au-delà de la partie artistique, il y a toute l’aura engendrée par le nom Stradivarius. Stradivari est le luthier-roi. Jouer avec un tel instrument est un honneur, un privilège et une fierté. On essaye tous les jours d’en être digne, on arrive parfois, très souvent pas (…). Le débat est assez vaste sur la légitimité de ces instruments anciens par rapport aux modernes. Aujourd’hui, on fait aussi de très bons instruments. Et dans notre métier, il y a aussi une grande part d’irrationnel, de fantasmagorique. Jouer avec un instrument qui a trois siècles, cela alimente cette fantasmagorie-là. Cest une oeuvre d’art, mais cela reste un outil.

Qui en est le propriétaire ?

Il s’agit de Bernard Magrez, un grand monsieur dans les affaires dans le domaine du vin et qui possède de nombreux châteaux, des grands crus classes de Bordeaux et de par le monde. Il y a quèlques années, il s’est tourné vers l’art et le mécénat et a ouvert un institut culturel qui porte son nom. Il a acquis ce Stradivarius, il y a quèlques années. Il porte le nom de « Château Fombrauge ».

Est-on hypervigilant avec un tel instrument ?

Il ne faut pas de choc. Pour le dimat, un instrument doit rester vivant. Je le prends car on me le prête. Il faut en prendre grand soin, sans être parano, j’y fais très attention. Je voyage tout le temps avec. Je ne pourrais pas m’en payer un, cela se chiffre en millions d’euros.

Et si vous ne deviez plus jouer avec ? La vie continue. J’ai 38 ans et j’ai joué 36 ans sans Stradivarius. Cela peut s’arrêter demain, c’est aussi la beauté de cette aventure humaine qui me lie à Bernard Magrez. Je jouis de ce prêt, je sais ce que j’ai à faire pour continuer de jouer avec, c’est-à-dire jouer le mieux possible, faire rayonner l’instrument le plus possible, avec respect et humilité.

Propos recueillis par C.C.

Nicolas Dautricourt, violoniste international, à qui j’ai confié mon Stradivarius « Château Fombrauge ». Lire l’article de La Dépêche de Tahiti.

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